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Interview de Flavie Prévot : Salarié diversifié - Un talent augmenté bénéfique pour les employeurs - Le guide pour allier CDI et entrepreneuriat

Interview de Flavie Prévot : Salarié diversifié - Un talent augmenté bénéfique pour les employeurs - Le guide pour allier CDI et entrepreneuriat

Qu'est-ce qui a été le déclencheur pour vous de combiner un CDI avec une activité entrepreneuriale, et comment cela a-t-il influencé votre carrière jusqu'à présent ?

À l’époque, j’étais cadre dirigeante en grands groupes, maman, avec un emploi du temps chargé comme un Ministre… mais j’avais une envie irrépressible de faire quelque chose pour moi. Un truc qui ait du sens, qui me permette de créer un capital personnel en cas de changement de poste ou de plan de carrière. C’est comme ça que j’ai lancé Le Board, mon podcast, en side.
Ce projet, d’abord hobby, est vite devenu un tremplin. J’y ai appris à créer du contenu, à prendre la parole, à construire une audience. Ça m’a tellement transformée que j’en ai fait une méthode, un livre et même un incubateur pour aider d'autres salariés à en faire autant.

Dans « Salarié Diversifié », vous proposez une méthode structurée. Pourriez-vous nous expliquer l'importance de cette structure et comment elle peut aider un salarié à réussir dans l'entrepreneuriat ?

Quand on lance un projet entrepreneurial à côté d’un CDI, il faut deux choses : de la clarté et de l’énergie. Or, sans méthode, on s’épuise très vite à courir dans tous les sens.
Ma méthode repose sur 5 étapes concrètes : trouver sa motivation, sa bonne idée, le temps, la confiance, et son marché. C’est une vraie boussole qui permet de ne pas se perdre dans l’excitation ou le doute. Elle aide à faire les bons choix compatibles avec le salariat, sans sacrifier ni sa carrière, ni sa santé mentale, ni sa vie perso. J’ai testé tous les pièges, alors autant en faire profiter les autres.

Comment votre propre expérience en tant qu'ancienne cadre dirigeante a-t-elle façonné votre approche du solopreneuriat et influencé le contenu de votre livre ?

J’ai vécu de l’intérieur les dynamiques d’entreprise, le management, la pression des objectifs… et aussi les limites du modèle. Quand on est très investi, on finit par devenir mono-dépendant : d’un employeur, d’un titre, d’un salaire.
Ce que j’ai appris en devenant salariée diversifiée, c’est qu’on peut sortir de cette dépendance sans tout plaquer. Mon approche du solopreneuriat est pragmatique : je sais ce que c’est d’avoir une vie bien remplie, un boss, des collègues, des enfants, des réunions. Mon livre est conçu pour que chacun puisse entreprendre dans la vraie vie, sans mythe, ni bullshit, ni horaires infernaux de 50h par semaine.

Pouvez-vous partager un témoignage marquant d'un salarié ayant réussi à allier CDI et entrepreneuriat, ainsi que les leçons que vous en avez tirées ?

Diane, par exemple, était responsable des contenus dans une start-up. Elle avait une passion pour la photo, et elle a commencé à proposer des shootings à d’autres entrepreneurs sur son temps libre. Résultat : 2000 € de revenus complémentaires par mois… juste en activant une compétence qu’elle aimait déjà.
Ce que j’en retiens : pas besoin de créer la prochaine licorne. L’essentiel, c’est d’oser monétiser ses talents et de commencer petit. Le premier euro gagné grâce à soi-même, c’est un déclencheur énorme de confiance et de liberté.

Quelle est, selon vous, la compétence la plus cruciale que les salariés peuvent acquérir en diversifiant leurs activités, et pourquoi est-elle essentielle dans le monde professionnel actuel ?

Savoir vendre. Pas “vendre du rêve”, non : vendre une idée, une compétence, un projet. Même à soi-même.
Dans un monde où les carrières sont de plus en plus discontinues, la capacité à se rendre visible, à exprimer sa valeur, à créer son propre marché est un superpouvoir. En lançant un projet en parallèle, on apprend à pitcher, à publier, à se positionner… Et ce sont des compétences qui boostent aussi votre employabilité dans le salariat.

Quels défis rencontrent souvent les individus qui tentent d'équilibrer un emploi salarié avec une activité entrepreneuriale, et comment les conseillez-vous de les surmonter ?

Le premier, c’est le temps. On croit qu’on n’en a pas, mais en fait, il faut juste apprendre à investir une heure par jour intelligemment. J’ai développé une méthode que j’appelle la Solopreneur Hour pour ça.
Le deuxième, c’est la peur : peur de l’échec, du regard des autres, de la réaction de son boss. Là aussi, il y a des techniques pour poser un cadre, négocier avec soi-même et même avec son employeur.
Et le troisième, c’est l’isolement. C’est pour ça que j’ai créé une communauté dans l’Incubateur Solopreneur : parce que quand on est entouré, on va plus loin, et surtout, on reste motivé.

Comment voyez-vous l'évolution du concept de salarié diversifié dans les prochaines années, et quelles implications cela pourrait-il avoir pour les entreprises et les employés ?

C’est une lame de fond. En 2022, près d’1 auto-entrepreneur sur 3 avait un job à côté. Et les jeunes générations plébiscitent ce modèle hybride qui permet d’explorer, d’apprendre, de ne pas dépendre d’un seul revenu.
Les entreprises ont tout à y gagner, à condition de changer de posture : un salarié diversifié n’est pas un déloyal, c’est un talent augmenté. Plus motivé, plus autonome, plus connecté au marché. Ceux qui sauront valoriser cette posture auront un avantage énorme en termes d’attractivité et de rétention.

Pour plus d'informations : https://leboard.fr/

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